Bolivie – Octobre 2016

Une machine à remonter le temps.

Sur la place principale de La Paz, face au palais présidentiel, une horloge.

A première vue, rien d’exceptionnel. Et pourtant. A y regarder de plus près, c’est plus qu’un détail qui saute aux yeux. Les aiguilles tournent à l’envers, sur un cadran dont les chiffres sont, tout simplement, inversés.

Officiellement, une manière d’affirmer l’identité de l’hémisphère sud. Officieusement, un pied de nez du Président Bolivien Evo Morales au capitalisme ?

Disons-le : ici en Bolivie, le temps, ça n’est pas de l’argent. Alors qu’importe dans quel sens tournent les aiguilles.

Sur cette même place, qui a vu plusieurs têtes coupées et des manifestations en tous genres lourdement réprimées, un drapeau aux 49 carrés de couleur : la Whipala. Rendu officiel par le même Evo Morales en 2009, il réaffirme, suite à des siècles d’invasion puis de domination politique et culturelle espagnole, la prégnance des identités des peuples andins qui composent le pays et la région. Un retour en arrière bien venu, une revanche sur les années passées.
Un peu plus loin dans la province de Cochabamba, c’est un bond dans le temps, non pas de quelques siècles, mais de quelques millénaires que nous effectuons. Les dinosaures y ont laissé de nombreuses traces, qui font l’attraction de cette sublime région et nous replongent en enfance. Ah, Petit Pied…
Pour diverses raisons, nous n’aurons pas visité les drôlement fameuses mines de Potosi. Un bel exemple de machine à remonter le temps, certes. Mais qui fait froid dans le dos. Zola au XXIème siècle.
Il est en revanche un domaine dans lequel la Bolivie tend à rattraper, lentement mais sûrement, un léger temps de retard : la consommation de vin ! Avec moins de 2 litres consommés chaque année par habitant (contre plus de 50 litres en France…), il reste encore un peu de chemin à parcourir. Mais certains crus de la région de Tarija sont prometteurs !
Le temps qui passe se mesure aussi dans le désert du Sud Lipez et le Salar d’Uyuni. Mer autrefois, cernée de volcans, perchée à environ 4000 mètres d’altitude, sensation d’infini garantie. L’espace y est chamboulé, les distances sont confuses, les perspectives disparaissent. On en a le souffle coupé, au sens figuré, comme au sens propre du terme : en haut du volcan Licancabur, à 5924 mètres au dessus du niveau de la mer, l’oxygène vient à manquer.
Pour nous, le temps ne s’est ni arrêté, ni mis à reculer. Il avance bel et bien. Et les anniversaires du début du mois d’octobre nous l’auront bien rappelé.
En revanche, il prend une dimension nouvelle : les temps longs et les nuits de bus s’enchaînent sans que l’ennui ne nous gagne, les temps jugés trop courts se prolongent, au gré de nos envies, tels des points d’orgue.

Quelle heure est-il ? Voilà une question dont l’importance devient toute relative. Arrivés dans une gare routière déserte en pleine nuit, partis en randonnée, lampe sur le front, à 4 heures du matin, couchés à 20 heures. Qu’importe.

Seule la barbe qui pousse trahit le temps déjà passé à voyager.

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