Nouvelle-Zélande – Janvier 2017

Le nom déjà.

Un nom sauvage, rude. Zélande, Zélande…Un nom taillé pour figurer l’inconnu. La Nouvelle-Zélande a le nom du lointain. L’homme et cette nature, faits pour se rencontrer, rageusement.

Oppossum.
La rencontre est pleine de promesses. Les hommes aiment cette terre. Dormir sur le sol, manger les poissons, se baigner dans la mer, marcher dans les forêts. On entre en Nouvelle-Zélande comme on entre en religion. On y croit de toutes ses forces, de tout son corps. Les lacs sont des joyaux, les plaines des étoffes fabuleuses. La mer n’en finit pas d’être belle sous sa robe de ciel et les collines ont atteint une perfection surréaliste, dans leur forme et leur couleur. Les fjords lèchent les flancs des volcans pour proclamer leur fidélité à ce monde.

Chaque parcelle porte le sel d’une découverte, d’un enchantement.

Kiwi.
Oui mais cette rencontre est aussi brutale. Amère. On prend son volant à deux mains, on regarde bien loin à travers le pare-brise et on roule. On roule pour voir le Sud, pour aller faire le Nord, pour descendre sur la côte Est et remonter la côte Ouest. Les kilomètres s’égrènent comme les perles sur le chapelet du croyant, dans une litanie pesante. Les merveilles de cette nature à l’épreuve de 4 roues motrices et d’un réservoir d’essence.

Lapin.
La nature luxuriante, touffue, débordante est ponctuée de fast-foods. Ils marquent la route, comme un métronome. Plus besoin de bornes kilométriques. Les coins à faire, les lieux à voir sont récités comme un crédo. À chaque attraction, chaque lookout, c’est le porte-monnaie qui trinque. Les maoris sont rangés dans les tiroirs de l’histoire et leur chant de guerre n’effraye plus personne.

Hérisson.
Alors il vaut mieux s’arrêter. S’asseoir avec des gens et s’arrêter, pour regarder comme le vin est bon, pour entendre comme la mer est verte, pour sentir comme la lutte est vaine. Oubliés, ces animaux écrasés sur la route, opossums, kiwis, lapins, hérissons, morts d’avoir lutté.

En Nouvelle-Zélande, asseyez-vous et attendez. Vous verrez.

Nous avons nous-même lutté ; contre notre malaise d’un morceau de voyage qui nous échappait. Mais en voyage, lutter est vain. Ce petit goût amer dans le coin de la bouche ne doit pas être ignoré.  Nous avons donc ralenti, parlé. Nous avons discuté avec des habitants, partagé leurs interrogations et leurs doutes à propos d’un pays qui change.Puis, au moment de partir, le voyage a retrouvé sa douceur. Et qu’importe, il faut plusieurs notes pour former un goût.

L’Asie, qui nous attend maintenant, rajoutera sans nul doute de nouvelles saveurs. Nos papilles en frémissent déjà.

Et nos cœurs s’emballent.

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