Pérou – Septembre 2016

Des lignes.

Au Pérou, nous avons trouvé des lignes. Beaucoup de lignes, qui courent dans tous les sens.

Il y a les lignes ascendantes des chemins de montagne, toujours plus hauts, plus raides, plus aériens. Les péruviens tiennent cette manie de leurs ancetres incas, à n’en pas douter ; le chemin inca devait forcément monter pour saluer les dieux. Prendre de la hauteur est devenu notre quotidien.
Il y a aussi les lignes de crêtes, demeures inaccessibles des Condors. À trop les regarder planer, on se croirait catapulté dans la préhistoire de notre monde.

Les lignes de bus ensuite, ce gigantesque entrelas maillant le pays comme nulle part ailleurs. Le bus-lit, un mode de transport vite oublié chez nous mais si commun ici.
Des ligne de bus, d’accord. Mais une ligne de train aussi. LA ligne de train ! Celle qui vous transporte de la magnifique Cusco au fabuleux Machu Picchu, pour peu que votre bourse vous le permette. Nous, nous l’avons bien empruntée cette ligne, mais à pied, le long des rails. C’était le meilleur moyen d’entrer dans cette vallée si longtemps oubliée.

Les lignes épaisses et criardes des slogans politiques caligraphiés qui éclaboussent une maison sur deux dans certains villages. Pas sûr  toutefois que toutes les lignes du parti soient toujours respectées.

Les lignes des pelottes de laine d’Alpaga, qui vivront au travers d’un pull, d’une écharpe ou d’une paire de chaussettes. Tout un fatras de motifs similaires qui habillent le touriste bien satisfait, de la même manière que son voisin.

Et comment ne pas évoquer cette irréelle ligne d’horizon, celle que dessine le lac Titicaca avec le ciel andin ? Certes, les lignes des pêcheurs ne nourrissent plus autant les habitants du coin mais traversez la Isla del Sol et vous comprendrez pourquoi ce lac – cette mer ? – est sacré.
Les lignes sont pléthores mais elles ne font pas tout.

Le Pérou est ce pays où la rondeur d’un café produit dans la plantation de Dagoberto rappelle le chocolat et où la profondeur d’un chocolat chaud, fait maison, vous tient éveillé comme un café bien serré.

C’est aussi la terre qui porte le couvent fantastique de Santa Catalina, véritable chaos de lignes de fuite, de perspectives et de couleurs réchauffant l’âme dans le soir tombant.

La dernière ligne que nous avons empruntée est la route qui mène à La Paz, en Bolivie. Elle nous dirige toujours plus surement vers le sud.
Et notre ligne de conduite reste la même : voir du beau et se dire que notre ligne de vie s’enrichit chaque jour un peu plus.

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